Le bulletin des chroniqueurs



Le chroniqueur Michel David, du Devoir, a institué un bulletin des parlementaires à la fin de chaque session, dont il cote le travail à la manière universitaire dans une échelle de A à E. Il est toujours plaisant de voir ses têtes de turc se faire se faire gratifier d’un échec définitif, mais à la fin, il y en a qui ont une poutre dans l'oeil.

Qui sont ces juges de tout qui ne répondent jamais de rien ? Et si la médiocrité du champ politique était à l’image de celle qui prévaut dans le champ médiatique ?

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Josée Legault : Sa détestation des libéraux, au pouvoir pendant une éternité et demie, a pu faire croire qu’elle était intéressante, mais le nouveau règne caquiste l’a vu sombrer dans une insignifiance tranquille. Quand on écrit dans les médias de Pélador, être moins pire que ses collègues ne saurait suffire. C

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Claude Villeneuve : L’ancien péquiste garde quelque sympathie dans les milieux progressistes, c’est à dire centristes, mais être par ailleurs le responsable de la section « opinions » du Journal de Q et de M, et de sa brochette de boomers blancs réactionnaires, inspire la plus grande méfiance. Il n’y a franchement pas de quoi se vanter. D

Antoine Robitaille : Passer du Devoir au Journal de Pélador peut se comprendre pour des raisons familiales, c’est-à-dire strictement financières. Le pauvre Antoine tente de rester humain malgré tout, mais ce qu’il écrit est désormais trop simple pour ses anciens lecteurs, qui l’ont déjà oublié, et trop compliqué pour ses nouveaux, qui se demandent toujours c’est qui lui. D

Michel David : Ce n’est pas si grave de ne pas aimer Québec Solidaire, ni de cacher son fond réactionnaire derrière des anecdotes du temps passé, mais à la fin, la politique change et les chroniqueurs devraient changer aussi. Si on devait mesurer le taux de pertinence de Michel David au vu des derniers sondages, il atteindrait difficilement les scores électoraux de ses amis péquistes. D

Francis Vailles nous rappelle ponctuellement que la guerre ethnique qui fait rage au Québec trouve ses sources dans la guerre économique qui la précédait, et qu’il n’est pas du bon bord. D

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Sophie Durocher : La culture est le milieu consensuel par excellence, où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Il faut donner ça à Sophie, elle a su être l’équivalent de son Martineau de mari dans son champ d’activité et se montrer aussi veule et mesquine que ses collègues qui parlent de politique. E

Hugo Dumas écoutait Occupation Double avant que les sociologues de gauche trouvent ça cool, mais il y a pire que ceux qui ont encore une télé, il y a ceux qui ont encore un chroniqueur télé. E

Simon Jodoin : Le journal magazine site web Voir a montré une fantastique incapacité à ne pas mourir. La flopée de pigistes qu’il reste est maintenant chapeautée par un curé qui se fend ponctuellement d’une « théologie médiatique », mais il est difficile de cacher que plus personne ne va à la messe. E

Steve E Fortin : La race des angry péquistes s’éteint avec le PQ lui-même. Il leur reste la détestation de la gauche et le programme caquiste comme prix de consolation, ce qui semble assez pour gagner une promotion à Radio X. Il a l'honnêteté de porter sa cote au milieu de son nom.

Normand Baillargeon : Maintenant que sa croisade anti safe-space a achevé de discréditer le vernis anarchiste - lol - qu’il essayait de se donner en écrivant beaucoup, le prof Baillargeon est de retour au Devoir pour parler d’affaires de profs que personne ne lit. E

Michel Hébert: Excellente joke, celle de la retraite, pour se faire congratuler un petit peu par les namis du Journal et de l’assemblée, pour renchérir ensuite avec une série de chroniques psychédéliques accueillies par des réactions à trois lettres - OMG ! LOL ! WTF !?! Hébert a un peu plus de style pour égrener les mêmes poncifs que ses 128 collègues qui chirent sur le gouvernemaman, mais à la fin on dirait la copie d’un étudiant qui écrit n’importe quoi parce qu’il est frustré par la question : c’est drôle, c’est baveux, mais ça vaut quand même pas plus que E.


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Richard Martineau : Franchement, rendu à ce point du pathétisme, on ne sait plus quoi dire. Son dégonflage total dans le procès qu’il a intenté à Ricochet a été accueilli par des hourrahs et des high five. Pour le reste, il est parfaitement représentatif de la décompositon intellectuelle et morale du Québec contemporain - en pire. F

Lise Ravary : La production de fake news à répétition et le lichage de collègues et patrons en public sur les réseaux sociaux n’ont pas suffi à lui éviter une douteuse promotion à la radio de Paul Arcand, qu’on croyait plus sérieux. Bon débarras. F

Mathieu Bock-Côté : Ceux qui pensent que l’UQAM fait dur à cause de ses social justice warriors devraient méditer un instant sur le fait que la même université a décerné un doctorat à ce pauvre type qui souille désormais le titre de sociologue. La France, qui bascule rapidement dans l’extrême-droite, l’a accueilli à bras ouvert. F

Christian Rioux : Tout ce qu’il restait de gens bien dans le lectorat du Devoir s’est désabonné quand il a comparé les immigrants à du poisson avarié, mais celui qui a postulé l’existence des races dans une chronique continue de soutenir dans toutes les autres qu’il ne faut pas les mélanger. Il y a un mot assez simple dans le dictionnaire pour désigner ça. F

Joseph Facal : Rappel ponctuel que cette chronique existe. F

Nathalie Elgrably Lévy : Le droïde néo-libéral de l’IEDM semble destiné à embrasser toutes les dominations. Après avoir fait passer son inhumanité sous le dos du libertarianisme, le voilà qui défend le « nationalisme » de Donald Trump, s’élève contre la “censure de l’internet” dans la foulée de la tuerie de Christchurch et pourfend l’humanisme qui permet l’avortement. Comme le faisait remarquer quelqu’un, le populisme contemporain a essentiellement donné le droit à tout un chacun de se comporter en goujat. F

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Denise Bombardier : On en convient, ça devient lassant, un chroniqueur réactionnaire et xénonophobe l’un après l’autre, mais il faut respecter les aînés, et Denise ramasse son doctorat deshonoris causa avec une mention spéciale pour l’ensemble de son oeuvre.


Allez, dehors tout le monde, on veut des vacances.



dessin : fatta