Deuxième livraison - automne 2019

La mort du troisième lien :  « En fait, le troisième lien s’est mis à chier dès qu’il s’est mis en branle pour de vrai. Cette chose faite pour parler n’a jamais été pensée pour être construite. Il y a entre le projet et sa réalisation le rapport qu’il y a entre le spirituel et le temporel. On ne réalise pas un mythe, on s’y projette. »

Mall Rat : « Il y a là un "espace collectif", un local commercial aménagé avec une table, des chaises, des plantes, des coussins pour s’asseoir, des pneus colorés en guise de décoration, une invitation à venir y passer du temps, velléité de communauté dans la double impossibilité de la banlieue et du centre commercial, personne ne rentre là, les gens ne savent pas quoi faire quand il n’y a rien à acheter.

Le bulletin des chroniqueurs : « Le chroniqueur Michel David, du Devoir, a institué un bulletin des parlementaires à la fin de chaque session, dont il cote le travail à la manière universitaire dans une échelle de A à E. Il est toujours plaisant de voir ses têtes de turc se faire se faire gratifier d’un échec définitif, mais à la fin, il y en a qui ont une poutre dans l'oeil. »

Ta série Netflix de marde : « les enfants des banlieusards sont devenus des intellos précaires trop dans le jus pour lire un livre mais qui trouvent le temps de binge-watcher la dernière saison de n’importe quelle fantasy dystopique néo-noir en autant qu’elle soit sur Netflix. C’était bien la peine de se donner un petit air de supériorité envers ceux qui « ont encore la télé » ; seulement, au lieu d’avoir trois postes comme dans le temps, ils n’en ont qu’un seul. Et il est nul à chier. »

La confusion politique du Parti Vert : « Il n’y aura pas de capitalisme vert. Il est essentiellement extractiviste et consumériste. Les seules limites que le capitalisme respecte sont celles que lui impose la législation ; et comme l’idéologie dominante est celle de la classe dominante, les législateurs qui la répresentent n’ont pas légiféré grand chose, parce que nous sommes sous le régime de la libre entreprise - laquelle nous a menés, par ailleurs, au coeur d’une crise écologique. La vérité, c’est que nous n’avons plus les moyens de vivre selon nos moyens. »